Deauville 2017 : le cinéma américain vu par Benjamin Biolay

L’auteur-compositeur et chanteur Benjamin Biolay, membre du jury long métrage de la 43ème édition du festival de Deauville, a évoqué pour nous ses films américains favoris.

A l’occasion du 43ème festival du cinéma américain de Deauville, AlloCiné a rencontré les membres du jury pour leur faire évoquer leurs souvenirs de spectateurs de cinéma outre-Atlantique. Aujourd’hui, c’est au tour de Benjamin Biolay.

 

AlloCiné : Quel est votre premier souvenir de film américain ?

Benjamin Biolay : En salles, c’est E.T. La première scène m’a terrorisé. Quand il court dans les hautes herbes avec le coeur qui bat, je me disais “mais pourquoi on m’emmène voir ce truc ?” Je ne comprenais pas, j’avais 9 ans. C’était la première fois que je voyais un film en français dans une salle. Ah non, j’ai vu Star Wars avant ! Enorme claque ! Avec les cousins, on avait déjà tous les jouets.

Quel est votre film de chevet ?

J’en ai parlé dans chaque interview car c’est la pure vérité et je le montre souvent à des gens qui ne connaissent pas, c’est Johnny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo. Côté acteur, il y a Donald Sutherland qui joue Jesus sous acide, il faut vraiment le voir ! C’est génial, comme Les Sentiers de la gloire, que je revois très souvent.

Deux films sur la guerre.

Deux films sur la même guerre, celle de 14 !

C’est une période qui vous parle particulièrement, ou c’est le fait du hasard ?

Non, ça me parle vraiment. L’humanité est entre deux périodes, et on a le gigantisme avec la puissance des armes et on envoie des types se faire déchiqueter au hachoir… On avait complètement perdu le sens commun. Ce que leur met Kubrick à l’état major français [dans Les Sentiers de la gloire], ce n’est pas volé ! Ce film a longtemps été interdit et on comprend pourquoi. La Grande muette n’aime déjà pas parler, mais ce que ces films montrent d’elle là, c’est ignoble.

C’est une guerre qui a été une véritable boucherie.

J’ai perdu mes deux arrière-grand-pères au bout de quelques jours. Ils étaient dans la Somme et au bout de peut-être… Trois jours ils étaient morts. Et Kubrick est brillant avec Les Sentiers. Je n’aime pas trop Kirk Douglas, je trouve qu’il frime souvent mais là…

Le film qui vous fait toujours rire, même après 1000 visions ?

Une connerie qui s’appelle Galaxy Quest. Alan Rickman dedans me fait mourir de rire dans le rôle de l’acteur Shakespearien qui se demande ce qu’il fout dans cette série de merde. (…) Y a Sigourney Weaver qui s’auto-parodie dans Alien, c’est fantastique.

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Et le film qui a traversé les époques ?

D’un certain point de vue, les films de Woody Allen sont quasi indémodables. Des films comme Manhattan, Annie Hall… Et la façon de tourner comme les sujets sont très contemporains. 

A quel réalisateur diriez-vous oui sans même savoir quel est le personnage ou le scénario ?

Il est d’Amérique Centrale mais Iñárritu je dis oui tout de suite.

Une actrice culte pour vous ?

Celle qui me fascine elle ne tourne pas beaucoup, c’est Patricia Arquette. Elle a fait de la télé avec Médium, et quand j’ai vu Boyhood j’ai vu ma Patricia comme je l’aime. Je peux même regarder Stigmata, un film avec Gabriel Byrne qui est une grosse daube parce qu’elle a un style qui me bouleverse. Y en a beaucoup d’actrices formidables. Meryl Steep par exemple.

Un acteur culte ?

Leonardo DiCaprio. Parce que déjà à ma connaissance il n’a jamais fait un mauvais film. C’est très rare. Il est toujours mieux que bien et en plus il progresse. Benicio Del Toro aussi. Mais il a une filmo moins impeccable que Leonardo.

Un excellent film américain sur la musique ?

Spinal Tap de Rob Reiner. C’est un monument énorme. ça fait partie de notre vie de musicien : y a toujours un moment en tournée où il se passe un moment Spinal Tap. J’ai vu la scène de l’ampli jusqu’à 11 et je me suis dit “merde j’y avais déjà pensé, j’suis aussi débile que lui”. Le personnage du chanteur, Nigel, c’est nous tous quoi.

Le film qui vous a fait le plus peur ?

J’suis plutôt bon client, mais The Ring, le remake américain m’a bien fait flipper. Et Human Centipède. Parce que c’est tellement dégueulasse que ce qui me fait peur c’est qu’il y ait des esprits aussi malsains.

 

Benjamin Biolay sera en octobre à l’affiche de “Numéro Une” :

Numéro Une Bande-annonce VF

 

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