Comic Con 2016 : “Notre version de Kong est très différente des précédentes”

Alors que les premières images de son “Kong: Skull Island” ont été dévoilées au public de San Diego, le réalisateur Jordan Vogt-Roberts a partagé sa vision pour le film (et le monstre) dans le cadre d’une conférence de presse. AlloCiné y était.

Kong

Jordan Vogt-Roberts (réalisateur) : Pour moi, Kong représente la part primale de notre humanité. La raison pour laquelle nous aimons tous les films autour de Kong, c’est qu’il se rapproche de contes comme la Belle et la Bête, ça nous renvoie à une part plus animale de nous-mêmes. Par ailleurs, en termes d’identification au personnage, je crois que nous sommes tous d’une façon ou d’une autre incompris par quelqu’un : et Kong est justement l’incarnation ultime d’un personnage incompris.

Une nouvelle histoire

Notre version de Kong est très différente des précédentes. Chaque version de Kong revisitait à sa façon l’histoire de la Belle et la Bête. Notre film devait avoir une raison d’exister, un but propre. Nous ne voulions pas raconter à nouveau la même histoire. C’était essentiel pour tous les gens impliqués sur ce projet. Quand j’ai rejoint le projet, c’est ce que j’ai dit à chacun : nous n’allons pas refaire la même chose. C’est ce qui a porté ce film : l’emmener au-delà des attentes. Nous racontons donc une nouvelle histoire, au sein de la mythologie de Kong. Au lieu de revisiter l’aspect “Belle et la Bête” de cette histoire, nous nous concentrons sur des personnages et sur la façon dont cette île et cette créature vont les affecter. Et nous suivons également Kong en montrant à quoi ressemble sa vie sur l’île.

Les personnages

Chaque personnage a son propre parcours. Et se retrouve face à lui-même une fois qu’il est confronté à ce mythe et à cette créature gigantesque proche d’un dieu. Qu’est-ce que cela provoque en vous ? Qui devient agnostique ? Qui devient croyant ? Qui devient apôtre ? Qu’est-ce que cela réveille en vous ? Chacun porte un certain nombre de croyances et de valeurs, et l’enjeu du film repose sur la manière dont cette expérience va les affecter chacun à sa façon. (…) Il y a au cœur du film une dichotomie majeure : être face à une chose majestueuse et magnifique… et être en même temps terrifié par le fait qu’elle puisse me tuer. 

Face au mythe

Notre film aborde évidemment la thématique de l’arrogance de l’Homme, et de la relation entre l’Homme et la Nature et la façon dont nous coexistons avec notre environnement. Pas seulement dans le cadre de notre évolution, mais aussi dans la manière dont nous vivons avec la technologie. Une grande part de ce film traite en filigrane de la disparition des mythes : nous vivons à une époque où tout est accessible depuis n’importe quel smartphone. Nous avons donc décidé de situer le film dans les années 70 car tout cela n’existait pas encore : cette course technologique démarrait à peine. Nous y confrontons nos personnages à un mythe et à leur propre arrogance, c’est vraiment le cœur du film.

Au coeur de l’expérience

La raison pour laquelle je me suis focalisé sur l’année 1973, c’est qu’elle se présente comme un miroir étrange du monde d’aujourd’hui. Les différents problèmes politiques, sociaux ou militaires de l’époque font écho de manière très surprenante à ce que nous vivons. J’aimais l’idée de confronter des personnages ayant un pied dans le passé et un pied dans l’avenir et ne sachant pas vraiment comment agir, à une créature mythique proche d’un dieu, ce qui va les confronter à eux-mêmes et leur permettre de se redécouvrir. (…) Les relations entre les personnages sont très réalistes, car les personnages le sont. Le spectateur peut vraiment s’identifier à eux. La plupart des gens ne peuvent pas savoir comment ils auraient réagi dans la même situation : or, ce film vous plonge vraiment au cœur de l’expérience. Vous comprenez vraiment ce que cela provoque d’être confronté à un monstre.

Notre place dans la chaîne alimentaire

Au cœur d’une époque chaotique, il y a aussi cette idée de découvrir un monde vierge, intact, un endroit qui n’a pas subi la destruction de l’homme. Et de comprendre qu’il y a bien plus gros que nous. Cela nous remet à notre place dans la chaîne alimentaire. Nous pensons en être sortis, ce qui est la plus grande avancée de l’Histoire même si on l’a oublié aujourd’hui : nous nous faisions tout le temps dévorer, rappelons-le! (Rires) Dès lors que se passe-t-il quand vous replongez dans la chaîne alimentaire des personnages auxquels vous vous attachez ?

La franchise Kong

C’est vrai que la taille de Kong a été impactée par le fait qu’il doit affronter Godzilla dans un futur film, et cela fait donc de notre Kong le plus énorme jamais montré. Nous retournons à un Kong bipède, dans la lignée de la version de 1933 et moins proche de ce que peut être un véritable gorille. Le projet de franchise est donc pris en compte, mais notre travail est de raconter la meilleure histoire possible dans le cadre de ce film. Et nous restons donc focalisés sur notre histoire.

Les coulisses de “Kong : Skull Island”, en salles le 8 mars 2017

 

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