Et si Edge of Tomorrow était la meilleure adaptation d’un jeu vidéo ?

Sorti début juin 2014 et diffusé ce soir sur Canal +, l’excellent film de SF “Edge of Tomorrow” signé Doug Liman et emmené par Tom Cruise pourrait bien être la meilleure adaptation d’un jeu vidéo à ce jour.

Evacuons tout de suite l’ambiguïté planant dans notre titre. Il n’est pas question ici d’entamer à nouveau la ritournelle –un poil lassante- sur les mauvaises adaptations de licences vidéoludiques au cinéma. Mais de revenir sur Edge of Tomorrow, l’excellent film de SF signé Doug Liman et porté par un Tom Cruise en grande forme, diffusé sur Canal + ce samedi.

Sans doute le film qui a le mieux et le plus intelligemment assimilé certains codes de l’univers des jeux vidéo, notamment dans sa structure narrative. Quand bien même la base du film s’appuie sur un roman graphique signé par Hiroshi Sakurazaka et publié en 2004, All You Need is Kill. Un constat qui fait d’autant plus plaisir à voir qu’Hollywood produit hélas encore beaucoup trop de films d’action souvent illisibles, avec un découpage à la tronçonneuse, tentant parfois très maladroitement de singer les jeux vidéo.

Un jour sans fin sans Bill Murray et dopé aux scènes d’actions

A la manière d’un Master Chief dans Halo ou d’un personnage sorti tout droit d’un Call of Duty : Advanced Warfare ou de l’infanterie dans le jeu Titanfall, Tom Cruise incarne dans Edge of Tomorrow William Cage, un ex publicitaire devenu Major au sein de l’armée. Mais ce qu’il préfère, c’est pantoufler à l’arrière avec les cantinières. Il n’a jamais combattu de sa vie, et ne tient pas vraiment à ce que cela change. Pourtant, un jour et sans qu’il comprenne, il est expédié sur le front comme les autres, avec son exosquelette sur le dos, pour contribuer à erradiquer la menace alien. Mais peu après avoir débarqué sur une plage version Omaha Beach futuriste, il se fait instantanément massacrer avec ses camarades.

En contre-partie, il prend conscience d’un étrange pouvoir, “légué” par le Mimic (l’alien) qui l’a tué : il peut revenir à la vie à chaque fois, la veille du jour du combat où il est supposé mourir. En dépit de ses efforts pas loin d’être inhumains pour lui, il meurt effectivement tout le temps. Et essaie de survivre quelques minutes de plus le lendemain. “Vivre, mourir, recommencer”, comme le proclame judicieusement l’affiche du film. Soit littéralement le concept vidéoludique du Die & Retry.

L’apprentissage par l’échec devant la difficulté. Un peu à la manière, pour prendre une comparaison vidéoludique récente, d’un Bloodborne, la dernière pépite éditée par Sony pour sa PS4 et développée par le brillant studio japonais From Software. Cruise est notre incarnation à l’écran; il incarne notre condition de Gamer, parfois frustré ou rebuté devant la difficulté dans un jeu. Il perd une vie, et regagne presque aussitôt une Extra Life comme dans un jeu de plateformes. Plus aucune Permadeath, cette mort permanente qui n’offre justement plus de second essai et met définitivement fin à l’aventure. Dans le film, plus Tom Cruise essaie en tentant différentes approches comme autant de chemin possibles dans un jeu vidéo, plus il progresse et avance, maîtrisant et déjouant même les Patterns des ennemis alien, c’est-à-dire les techniques des ennemis. 

Pour améliorer ses chances de survie, Cruise / Cage est entraîné par une légende au sein de l’armée, qui a survécu à un nombre incalculable de combats. Et cette légende se révèle être une femme, Rita Vrataski, solidemment incarnée par Emily Blunt, qui a jadis eu le même pouvoir que William Cage avant de le perdre. Un personnage féminin badass, croisement entre la Samus Aran de Metroid et la Ripley de la saga Alien. Une authentique femme guerrière comme on peut en croiser -quoique pas souvent- dans les jeux vidéo.

Les deux s’entraînent, dans l’optique bien comprise de tuer le “Boss” des aliens, appelé “Omega”, et permettre ainsi d’effectuer l’équivalent d’un gigantesque Reset afin de gagner la guerre, selon les propres termes employés par le personnage Rita Vrataski. Un Reset donc, comme dans un jeu vidéo. Les deux personnages évoluant ensuite ensemble, comme dans un jeu en coopération, que ce soit à pied ou en véhicule, le doigt toujours verrouillé sur le bouton-gâchette de leur arsenal High Tech qu’on en finit pas / plus de voir dans les jeux vidéo, comme dans un nouvel opus de la franchise Call of Duty.

Gorgé de chouettes séquences d’actions, parfois filmées avec la vue par-dessus l’épaule comme dans un TPS (Third Person Shooter) façon Gears of War, porté par un Tom Cruise impeccable et plein d’auto-dérision, Edge of Tomorrow est vraiment un film à (re)voir ou découvrir, même si vous n’avez pas vraiment l’âme d’un Gamer (c’est mal !).

On serait au final tenté de dire que ce film a même tendance à nous rassurer pour le prochain que doit réaliser Doug Liman. Lequel ? Un certain Splinter Cell, avec Tom Hardy. Tiens donc ! Une licence jeux vidéo…

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