Pêche à la baleine au Japon : “Ils sont sortis de la seule commission qui pouvait les freiner”

“C’est un très mauvais signal pour des tas de pays qui n’attendaient que de reprendre la chasse commerciale”, a déclaré mercredi sur franceinfo Christine Grandjean. La présidente de l’association C’est assez, a réagi au retrait du Japon de la Commission baleinière internationale (CBI). Le pays va pouvoir reprendre la pêche à la baleine à des fins commerciales. L’association qui lutte contre les captures et les massacres de cétacés dans le monde a déploré l’impossibilité d’agir face à cette décision. franceinfo : Comment accueillez-vous cette décision japonaise ?Christine Grandjean : Ça ne m’étonne pas du tout. Ça fait déjà un certain temps qu’ils en parlaient. La bonne nouvelle, c’est que dans l’océan Austral où les baleines viennent se nourrir avant de migrer pour mettre bas dans les eaux plus chaudes, elles ne seront enfin plus chassées. Les espèces qu’ils vont chasser ne sont peut-être pas menacées d’extinction, mais globalement, comme tous les cétacés, les baleines sont globalement menacées par la surpêche et par la faim.Pour les Japonais, quelles espèces de baleines sont concernées ?Les baleines de Minke étaient celles qu’ils chassaient dans l’océan Austral. Mais je ne connais pas les espèces qu’ils vont être autorisés à pêcher le long de leurs côtes. Mais il faut savoir que les baleines qu’ils pêchaient étaient à 70 % gestantes (ndlr : en gestation). C’est un très mauvais signal : d’autres pays comme la Norvège chassent près de 1 000 cétacées, l’Islande a aussi repris la chasse à la baleine. C’est donc un très mauvais signal pour des tas de pays qui n’attendaient que de reprendre la chasse commerciale.Et les Japonais mangent beaucoup moins de baleines ?Oui, mais le Japon est un pays riche où la faim ne taraude plus les habitants. Avant, c’était peut-être une question de survie, notamment après la guerre, mais ce n’est plus du tout le cas. Il n’y a donc plus rien qui peut justifier la chasse à la baleine. Je pense qu’il y a beaucoup de nationalisme. Pour les Japonais et le Premier ministre très nationaliste, je pense que c’est pour eux une question d’honneur, de fierté. C’est leur pays et on n’a rien à leur demander, ni à leur dicter. On peut le comprendre mais les baleines sont quand même un bien de l’humanité. Ce n’est pas parce qu’elles migrent le long de leurs côtes qu’elles leur appartiennent davantage. C’est donc un mauvais signal pour d’autres pays.Quels sont les moyens d’agir ?Déjà, dans l’océan Austral, l’Australie avait essayé d’agir. Mais le long de leurs côtes, qui voulez-vous qui agisse ? Je ne sais pas comment, dans les eaux territoriales d’un pays, on pourrait avoir un droit de regard. La seule chose qui pourrait faire plier les Japonais, c’est que l’on commence à boycotter certains produits. Mais à part ça, je ne vois pas. Ils sont sortis de la seule commission qui pouvait les freiner un peu.Click Here: st kilda saints guernsey 2019

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