La Somalie chasse le chef de la mission de l’ONU pour “ingérence délibérée”

Trois mois à peine après son arrivée à Mogadiscio, Nicholas Haysom, avocat sud-africain et diplomate expérimenté, est sommé par les autorités somaliennes de quitter le territoire. Son tort ? Avoir demandé, dans une lettre adressée au gouvernement le 30 décembre 2018, des explications sur la légalité de l’arrestation de Muktar Robow, ancien gradé des islamistes radicaux somaliens shebab, et avoir appelé à mener une enquête sur la répression policière au cours de manifestations qui ont suivi cette arrestation.Du 13 au 15 décembre, les forces de sécurité somaliennes, dont la logistique et une partie du salaire sont financées par les Nations unies, ont en effet employé la manière forte pour mettre fin à trois jours de manifestations dans la ville de Baïdoa (sud-ouest). Protestations au cours desquelles quinze personnes ont été tuées et quelque 300 autres arrêtées, selon l’ONU.Menace d’une “balle dans les fesses” Les manifestants réclamaient la libération de Muktar Robow, ex-shebab depuis août 2017 et candidat à la présidence à l’Etat du Sud-Ouest, l’un des cinq Etats fédérés de Somalie. Mais à une semaine de l’élection régionale, le gouvernement central l’avait arrêté, l’accusant d’avoir “organisé une milice” à Baïdoa et de n’avoir “jamais renoncé à ses idéologies extrémistes”.Dans ce contexte, Nicholas Haysom a rappelé aux autorités de Mogadiscio que le soutien de l’ONU à toute force de police est conditionné au respect des droits humains. Conforté dans sa démarche par une vidéo montrant le chef de la police régionale menacer toute personne désireuse de manifester sans autorisation d’être “visée par balle dans les fesses”.

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