Un patient diagnostiqué Alzheimer par erreur depuis 10 ans

Un Mosellan quinquagénaire a été diagnostiqué en 2004 d’un Alzheimer et a suivi des traitements lourds pour une maladie qu’il n’avait pas. Entretemps, il a perdu ses amis, son travail, ses relations et le goût de la vie.

En 2012, une remplaçante conclue formellement que le patient n'était pas atteint d'Alzheimer.

Alors qu’il n’avait que 40 ans, René a vu sa vie basculer par un diagnostic de

maladie d’Alzheimer et d’un traitement médicamenteux lourd à l’origine de nombreux effets secondaires. Mais le diagnostic était en réalité erroné, a révélé l’avocat de ce patient, Me Jean-Christophe Duchet.Une vie qui devient tristeDes oublis de noms et de dates, des vertiges. René, accompagné de son épouse, consulte à l’hôpital de Maragne-Silvange, puis au CHU de Nancy, rapporte Le Républicain Lorrain. Après une batterie de tests, le diagnostic d’Alzheimer tombe. Un diagnostic que René aura du mal à faire prononcer au médecin. “Le médecin n’a prononcé le nom de la maladie que quand on lui a demandé avec insistance“ déclare le patient, tandis que son épouse se souvient “on n’y croyait pas, il était tellement jeune mais la maladie peut aussi se déclarer chez des enfants, nous a-t-on dit“.C’est le début du cauchemar. Le diagnostic est vécu comme une catastrophe. René tombe en

dépression en raison de son état et de l’annonce de la maladie. Il commence des traitements médicamenteux lourds à l’origine de nombreux effets secondaires. Puis, il perd son emploi car déclaré inapte. Et la vie de tristesse s’installe. René perd contact avec son entourage et son épouse tombe à son tour en dépression : “Pendant des mois et des mois, le sommeil a été perturbé par les pleurs de l’un ou de l’autre“ déclare-t-elle. “La vie se résume à des tâches ménagères et un peu de bricolage, une vie triste“.Le diagnostic revu en 2012 par une médecin remplaçanteChaque année, René se présente en consultation pour être évalué et à chaque fois, le traitement est reconduit. Jusqu’au jour où il consulte une remplaçante en 2012 qui s’étonne qu’il n’y ait pas eu d’évolution de la maladie en 8 ans. Après des nouveaux examens, une réévaluation et des analyses, cette médecin arrive à la conclusion formelle que René n’est pas atteint d’Alzheimer. Une bonne nouvelle pour le patient et sa femme, mais ils seront obligés de confronter l’avenir seuls.Un traumatisme crânien non rapportéIl est à noter que le couple n’a pas notifié un fait important aux médecins qu’ils ont consulté à l’époque du diagnostic : avant de présenter les premiers symptômes, René avait eu un

traumatisme crânien. “Il avait reçu un coup derrière la tête“ se souvient son épouse. Pour son avocat, Me Duchet, les troubles cognitifs que présentait son client étaient “probablement liés à un ancien traumatisme crânien“.Y-a-t-il un coupable ?Pour Me Duchet, “ce qui est dramatique c’est qu’un homme a été soigné pendant 10 ans pour Alzheimer, avec toutes les conséquences socio-professionnelles que cela implique“ et d’ajouter que “la question maintenant, c’est de savoir si cette erreur de diagnostic était admissible ou pas“.Car les connaissances et données médicales ont évolué considérablement depuis 10 ans. Une porte-parole du CHU de Nancy a déclaré sur Europe 1  que, pour l’heure, “il faudra attendre les résultats de l’expertise judiciaire“.Comment diagnostique-t-on l’Alzheimer aujourd’hui ?Actuellement, il n’existe pas de test unique permettant de déterminer si une personne est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Cependant, l’association de signes cliniques, les résultats de tests neuropsychologiques et des signes radiologiques permettent un diagnostic sûr à 90 %. Il faut distinguer les patients qui ont un Alzheimer avéré et ceux dits “mild cognitive impairment“ ou MCI (trouble cognitif débutant). Ceux-ci sont au stade infra-clinique : leurs fonctions cognitives ne sont pas altérées. On peut avoir un MCI et ne jamais évoluer vers une maladie Alzheimer.

Cependant, certains spécialistes pensent que dans la mesure où le diagnostic de maladie d’Alzheimer est basé sur des scores de probabilité et d’indices cliniques, les probabilités de diagnostic erroné peut être supérieur à 10 % des cas et cela d’autant qu’actuellement, seule la biopsie, réalisée en général après le décès du patient, permet de confirmer le diagnostic avec certitude.Dr Jesus CardenasSources :Le Républicain LorrainEurope 1Click Here: los jaguares argentina

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