Un nouveau candidat-vaccin contre le virus du sida

Des chercheurs français ont développé, au sein de l’institut Cochin, un candidat-vaccin contre la transmission sexuelle du VIH chez les macaques femelles. Fruit de quinze années de recherches sur l’entrée du virus dans l’organisme, ce candidat-vaccin pourrait, si les résultats positifs sont retrouvées chez l’homme, représenter un nouvel espoir pour les 33,3 millions de personnes dans le monde atteintes du VIH. Une approche nouvelle

Les chercheurs de l’université Paris Descartes, du CNRS et de l’Inserm se sont orientés vers des pistes de recherche inexplorées jusqu’alors. Les précédents travaux s’étaient orientés vers l’induction de la production d’anticorps et/ou de cellules tueuses anti-VIH au niveau sanguin ; le nouveau candidat-vaccin, quant à lui, cherche à générer la production d’anticorps au niveau même des muqueuses génitales. L’idée est de prévenir très tôt l’infection par voie muqueuse, avant même la dissémination du virus dans le sang.
Les tests effectués sur cinq macaques femelles vaccinées sont prometteurs : exposées 13 fois de suite au virus par voie vaginale, toutes étaient encore séronégatives six mois après la dernière infection.
Pour l’élaboration de ce vaccin, les chercheurs ont étudié une protéine transmembranaire de l’enveloppe du VIH, le Gp41, la moins variable parmi toutes les souches du SIDA. Cette protéine contrôle l’entrée du virus dans les cellules de la muqueuse et l’infection des lymphocytes T, principales cibles du VIH. Les autres parties de l’enveloppe du VIH non neutralisantes ont été supprimées du vaccin pour favoriser l’apparition d’anticorps neutralisants lors de l’immunisation.
Un phénomène présent dans la nature Les chercheurs se sont en fait appliqués à mimer un phénomène observé chez certaines femmes, naturellement immunisées contre le virus du sida. Il semblerait qu’elles bénéficient d’anticorps particuliers au niveau des muqueuses génitales qui empêcheraient le virus d’atteindre et d’infecter le sang. “L’analyse comparative des anticorps induits par la vaccination dans le sang et au niveau des muqueuses montre que ce sont seulement les anticorps muqueux spécifiques de la surface du virus, aussi bien IgG que IgA, qui permettent de protéger les macaques de l’infection par voie muqueuse. Ce type d’anticorps a été décrit comme un corrélat de la protection chez les femmes résistant à l’infection malgré les rapports sexuels non protégés et qui seraient donc naturellement immunisées. Cela permet de penser que notre candidat-vaccin simule ce type de réponse naturelle“, explique Morgane Bomsel, directrice de recherche au CNRS. Si ces résultats sont très prometteurs, Morgane Bomsel conclut qu’il reste à appliquer ces résultats à l’homme car ce candidat-vaccin n’a pour l’instant été testé que sur des singes femelles et protège uniquement d’une infection vaginale non traumatique, ne reflétant pas forcément la réalité. Des études approfondies devront donc être menées sur l’efficacité du vaccin lors de rapports traumatiques et il reste à mettre au point une version masculine de la formule et donc à vérifier son applicabilité et son efficacité dans les cas de voies d’infections différentes (rectum ou tractus oro-uro-génital), indique la chercheuse. Marine Blondet
Sources :
– Communiqué de presse de l’université paris Descartes “Une nouvelle piste pour un candidat vaccin contre le virus du sida“, 10 février 2011- “Publication immunization with HIV-1 gp41 Subunit Virosomes induces Mucosal Antibodies protecting Nonhuman primates against vaginal SHIV Challenges“, Immunity 34, 1-12, February 25, 2011 (

résumé accessible en ligne)

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