Mort subite du nourrisson, vers une meilleure prévention ?

Causant environ 400 décès par an en France, la mort subite du nourrisson reste en grande partie mystérieuse. Caractérisée par un décès inexpliqué avant l’âge d’un an, la mort subite du nourrisson reste en grande partie mystérieuse. Face à ces drames qui emportent chaque année 400 bébés, les moyens de prévention sont peu nombreux. Mais des chercheurs de la Faculté de médecine de Strasbourg avancent une nouvelle hypothèse. Selon leurs travaux, l’origine de cette pathologie réside dans une anomalie de la régulation nerveuse du coeur, un problème détectable grâce à une simple prise de sang. Pour percer les mystères de cette maladie, Angelo Livolsi et son équipe de chercheurs du laboratoire de neurobiologie et de pharmacologie cardiovasculaire ont comparé 18 coeurs d’enfants décédés de mort subite à 19 autres provenant d’enfants décédés de mort traumatique.

Chez les premiers, ils ont notamment observé une importante augmentation des récepteurs spécifiques à l’acétylcholine, les récepteurs muscariniques. L’acétylcholine, neurotransmetteur, produit par le nerf vague, assure la transmission de l’influx nerveux. Or, ce nerf est chargé de ralentir le rythme cardiaque. C’est en quelque sorte un “frein cardiaque“. Lorsqu’il fonctionne exagérément, il peut mener à des ralentissements très importants du rythme cardiaque, voire à des arrêts cardiaques. Selon les chercheurs, l’anomalie découverte chez les enfants victimes de mort subite du nourrisson permet de suggérer que ces décès pourraient être précisément associés à des activités anormalement élevées de ce nerf freinateur au niveau cardiaque. Le sommeil en position ventrale provoquerait ensuite la mort de l’enfant. Le principal intérêt de ces travaux est qu’ils offrent la possibilité d’un dépistage très précoce de cette anomalie (dès les premiers jours de vie) à partir d’un simple échantillon sanguin. Ils ouvrent également la voie à des prises en charges thérapeutiques par des médicaments capables de réduire l’activité du nerf vague au niveau du coeur.Actuellement, le seul moyen de prévention de la mort subite du nourrisson est de faire dormir l’enfant sur le dos. La mort subite concerne un enfant sur 2000 âgés d’un mois à un an chaque année en France.Emeline DufourSource : Cardiac muscarinic Receptor Overexpression in Sudden Infant Death Syndrome, Livolsi and al, PLoS One, 01/03/10

(article accessible en ligne)Crédit photo : laboratoire de neurobiologie et pharmacologie cardiovasculaire.Click Here: camiseta rosario central

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