Les éthers de glycol en procès

Les effets sur la santé des éthers de glycol sont aucoeur du procès de Claire Naud, ancienne salariéed’une petite entreprise de sérigraphie. Le 3 janvier 2005,Mme Naud assignait son ancien employeur la sociétéSérigraphique Aquitaine Flocage (SAF) pour avoir manipulerdans le cadre de son travail et durant sa grossesse deséthers de glycol de la série E. Selon elle, cesproduits sont responsables des graves malformations de sa filleRoxanne née en août 1992. A douze ans, sa fille neparle pas et ne marche pas. Elle réclame ainsi 685 000 eurosde dommages-intérêts. Pour les avocats de Mme Naud,les employeurs ne pouvaient ignorer le caractère toxiquepour l’embryon de ces produits, connu depuis la fin desannées 1970.
Le 9 mars, la 5e chambre du tribunal de Grande Instance de Parisvient de reconnaître que la jeune femme a bienété exposée durant sa grossesse à deséthers de glycol de la série E. Mais elle aordonné une expertise avant de se prononcer sur un lienéventuel entre cette exposition et les malformations del’enfant. L’avocate de la SAF avait fait remarquer que dans lafamille de Mme Naud, plusieurs personnes souffraient de troublesmentaux graves. Un collège de trois experts devrait ainsirépondre à cette question d’ici 6 mois.
Ces substances chimiques présentes dans de nombreux produits(peinture, vernis, cosmétiques, produits d’entretien…) ontété mises au point dans les années 30 ettrès utilisées dans les années 60 parl’industrie chimique. Ils sont répartis en deux groupes : lasérie E et la série P moins toxique. Aujourd’huiinterdite, la première série a desconséquences diverses sur l’appareil reproducteur.
Selon l’association des victimes des éthers de glycol(Aveg), plus de 80 victimes auraient étérépertoriées. Les éthers de glycol font partiedes milliers de substances chimiques pour lesquelles aucuneévaluation complète des risques n’est obligatoireavant leur mise sur leur marché. Le programmeeuropéen Reach devrait remédier à ceproblème. Il prévoit de demander aux entreprisesl’évaluation des risques des 10 000 produits industrielsqu’elles utilisent. Encore faudrait-il qu’il entre bientôt envigueur…Source : Tribunal de grande instance le 8 mars 2005

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